Agression de la faune à Souk Ahras
Lièvre, perdrix et chardonneret en voie d’extinction
La présence humaine, quand elle n’est pas accompagnée d’un encadrement et d’un contrôle
adéquats, contribue à la dégradation de l’environnement et réduit les chances de préservation du
patrimoine forestier.
L’association « Progrès et protection de l’environnement », qui active au niveau de la
circonscription de Mechroha, n’arrête pas de lancer des appels de secours à l’adresse des
responsables pour mettre fin aux atteintes portées à la faune et à la flore de la région. Après
avoir tiré la sonnette d’alarme quant à l’extinction imminente du cerf de Barbarie, ses membres
classent le lièvre, la perdrix et le chardonneret sur la liste des animaux menacés par les effets
dévastateurs de l’irréversible avancée du béton ainsi que certains comportements irresponsables émanant de la population locale.
Ali Selaïmia, le président de l’association qui plaide en faveur de la création d’une réserve
forestière le long de la partie nord de la wilaya, a également parlé d’un «flux de la population
vers les confins des zones boisées et de constructions illicites dans les forêts». Le même
interlocuteur dénoncera les effets destructeurs des activités pastorales dans la région.
Il dira à ce sujet: «La présence humaine quand elle n’est pas accompagnée d’un encadrement et
d’un contrôle adéquats contribue à la dégradation de l’environnement et réduit les chances de
préservation du patrimoine forestier.»
S’agissant du chardonneret, des dizaines de citoyens de Mechroha que nous avons pu contacter
récemment, ont tous exprimé leur inquiétude quant aux proportions atteintes par le phénomène
de la chasse illégale. «Des oiseleurs de connivence avec des circuits de vente ont porté un coup
dur au chardonneret de Souk Ahras qui se distingue de celui des autres régions du pays par son
plumage unique et ses chants qui ne ressemblent guère à ceux de l’Oranie ou de l’Algérois»,
nous confie Hamma, un jeune féru de cette espèce d’oiseaux. Les mêmes habitants de Mechroha
ont signalé l’existence d’un réseau de collecte et d’exportation de quantités importantes
d’escargots vers l’Italie via la Tunisie.
A. Djafri El-Watan édition du 31/10/2010